IMG_9877

On dit que le polyamour c’est beau, parce qu’il y a cette confiance, cette honnêteté, cette ouverture, cette compersion, cette liberté respectueuse… Le polyamour, ça pourrait peut-être même être un chemin vers ce fameux amour inconditionnel que nous cherchons désespérément à retrouver.

En comparaison, le monogame, (définition de l’internaute: « qui n’a qu’un seul conjoint » ou, selon les circonstances, qui y aspire), ce « terroriste relationnel » , qui , contre toute sagesse populaire de base, met tout ses œufs dans le même panier et vous demande, « sans un accroc dans la voix! » (pour citer Léodagan de Carmélide de la série Kaamelott ) d’en faire autant, nous semble bien présomptueux.

Surtout si on considère que certains « monogames de fait » ont des « élans poly » mais ne s’y épanchent pas ou alors en cachette (40% des Français ont ou pourraient tromper leur partenaire, d’après un sondage IPSOS de novembre 2010*) peut-être par peur de l’abandon et de la concurrence selon si leur partenaire est enclin à les suivre dans cet élan ou pas.

Il semblerait logique, par besoin de simplicité, que les mono roucoulent entre eux et que les poly fassent de même. Puisqu’en cette matière, souvent, notre besoin de réciprocité montre le bout de son nez. Mais ce n’est pas si simple.

Ce(tte) monogame là pourrait pourtant bien vous surprendre.

Que dire de celui(elle)-ci qui, tombé amoureux d’un(e) poly, qui lui reconnait par définition les même libertés, ne les utilisent pas parce que ça ne l’intéresse pas, parce qu’il ne se reconnait pas dans cet élan et sait faire preuve de courage face à ses peurs (de la comparaison, du jugement d’autrui, de l’abandon, et que sais-je encore) et même de compersion face aux amours pluriels de son amoureux(se), ?

On le(a) dit poly-acceptant(e), mais ce terme me gène, car j’ai parfois l’impression qu’il dit « ielle fait avec » , se résigne, comme si ça lui était tombé dessus (sous-entendu, le(a) pauvre…).

Alors je reviens à une vision de l’acceptation dirigée vers la notion de consentement (merci à l’UFR droit Nice pour son hospitalité il y a 10 ans).

Le site internet Larousse me dit qu’en Droit, l’acceptation c’est le consentement de quelqu’un à qui une offre a été faite.

Alors je m’amuse à voir chaque relation humaine régie par un contrat, c’est-à-dire « un accord de volonté conclu entre des personnes pour créer, modifier, éteindre, ou transférer des obligations ».

Par obligations, j’entends ici les conditions qui me permettent d’être en relation avec toi (pas de t’aimer, ça c’est une autre histoire).

Un contrat, d’après l’ article 1128  du Code civil français, doit cumuler quatre conditions essentielles pour être valide :

  • le consentement « libre et éclairé » des parties : sans contrainte ni menace, et en toute connaissance de cause. Il paraît que « la liberté c’est la faculté de choisir ses contraintes » (Jean-Louis Barrault).
  • la capacité des parties à contracter ; « Toute personne peut contracter, si elle n’est pas déclarée incapable par la loi. » (art. 1145 du c. Civ.) – ce qui ici exclu les enfants (j’aime bien le rappeler)
  • un objet certain et déterminé ; ici, la relation
  • une cause licite: sans commentaire

Maintenant que notre poly-acceptant(e) est redevenu(e) un être humain capable de choisir et d’assumer, ielle peut être un(e) mono-ouvert(e)-poly-accueillant(e) ou ce qu’ielle veut 😉

Et je me dis que peut-être, l’amour inconditionnel n’a pas de voie relationnelle privilégiée pour venir nous rappeler à son doux souvenir…

 

Ego

*: http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/presentation_infidelite_-_france.pdf

Publicités