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Consigne: Dans les 3 tableaux de Laurent Botella (L’impasse, Panorama, la Vallée), une femme, la même femme attend. Qui? Quoi? Quels sentiments l’animent? Depuis combien de temps attend-t-elle? Votre personnage quant à lui, espionne la femme. Pourquoi? A vous de le décider. Vous allez raconter ce temps d’observation en commençant par: « Il était 14h30 lorsque je/il/elle l’ai/a enfin repérée »

Il était quatorze heure trente lorsque je l’ai enfin repérée, la femme à qui appartenait ce bout d’étoffe blanc et ces pointes de cheveux volants au vent, au détour d’une ruelle de ce petit village si pittoresque dans lequel j’avais échoué et où je m’ennuyais peut-être trop, vu l’obsession qu’elle déclenchait en moi.
Je l’ai retrouvée assise sur un banc, situé en face d’un magnifique panorama qu’elle ne regardait même pas. Je l’observe, cachée. Elle m’intrigue pour une raison que j’ignore. Je ne la vois que de trois quarts. Quelle énigme que ce morceau de visage manquant, accentué par le jeu de la lumière du soleil. Je l’imagine rêveuse, dans son monde intérieur, lassée de tout l’espace qu’elle a à disposition de son regard. Le temps passe et son immobilité songeuse contraste avec le mouvement du vent dans ses cheveux. J’entends un bruit. Me sentant fautive de mon observation à la dérobée, coupable du viol de l’intimité de cette créature, je me sauve.
Errant dans le village où je suis retournée pour me désaltérer et ait été prise à partie par des autochtones sur la meilleure manière de cultiver des fraises, je reconnais mon inconnue, debout, appuyée contre un mur. La légèreté et la simplicité de sa robe et de sa coiffure ne semblent pas influencer son air que je devine grave ou mélancolique. Cette fois, tout est figé. Attend-t-elle après quelqu’un? Qu’il vienne à elle ou parte? Attend-t-elle que le temps passe? Ou qu’une idée lui vienne? Se languit-elle?
Ma logeuse m’extirpe de mon imaginaire en surgissant comme un diable dans mon dos.
« Bien sûr, je vais vous aider à ramener vos courses au gîte! »
A regret, j’abandonne peut-être mes chances d’avoir réponse à mes interrogations. Ma bonne action achevée, je prétexte un oubli et retourne près de l’impasse, pleine d’espoir, mais elle n’est plus là. Je me sens décontenancée par ma propre attitude. Je décide de me promener un peu pour me détacher de cette histoire.
Le destin est taquin. Elle est là, de dos, assise sur le bord du banc en pierre que je convoitais pour ma propre introspection. Elle est cette fois face au paysage. Est-elle perdue dans le vaste vert? Regarde-t-elle vers son passé ou son avenir? Au contraire, a-t-elle fini de laisser passer le temps, en pleine épiphanie de la nouvelle clarté qui s’offre à elle face à l’immensité des possibles?

Tableaux:

(Je n’ai retrouvé que « L’impasse » et « La vallée » sur internet)

Ego

 

 

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